Dure semaine ! Un emploi du temps de ministre ! Des rendez-vous tous les jours ! Mardi France Cul, mercredi avocat, et hier soir médecin-de-la-Justice !
Forcément, il faut aller à son cabinet. Forcément, il est à l'autre bout de Paris. Trois heures de trajet aller-retour en comptant pieds, RER et métro. Et il paraît que Paris est une p'tite
ville.
Ce médecin-là était bizarre. Ce fut éreintant. Son métier, c'est de faire des constats d'état, en vue d'un avis médical et d'une procédure pénale. Alors belote et rebelote, il faut tout raconter
de nouveau. Bon ça je le fais sans mal. Et puis il mesure tout ce qu'il peut mesurer.
Chaque cicatrice. Chaque perte de mobilité, comme mon index gauche qu'est encore bien handicapé. Je me l'explose quotidiennement. Alors des fois il dégonfle, des fois il regonfle. J'ai remarqué
d'ailleurs que plus j'écrivais, plus il dégonflait. C'est que taper au clavier doit améliorer sa rééducation !
Bref, il évalue tout, le bougre. Avec une froideur déconcertante. Genre j'en-ai-ras-la-blouse-de-voir-défiler-des-cas. Avec un certain irrespect du pourquoi-qu'on-est-là. Un exemple : j'avais
amené tout mon dossier, médical notamment. Il s'est servi dedans. Il a pioché tout ce qui pouvait l'intéresser.
De toute façon, vous avez des doubles, donc je garde ce qui m'intéresse !, qu'il dit non sans gêne. Bin non ! Ca, c'est mon dossier ! Si vous voulez des trucs, vous faites vos propres photocopies
!, que j'lui ai répondu alors. Non mais oh ! Par-dessus le marché, il m'a tout mis en bordel dans mes dossiers, et me les a jeté limite à la gueule, de loin, de l'autre côté de son bureau.
Lui, je l'ai pas trop aimé.
Et puis il ne prenait pas de notes, il enregistrait tout avec son dictaphone. C'est d'un effet déconcertant aussi. C'est froid. Sans empathie. Glaciale, l'ambiance ! J'serai sans doute amené à le
revoir, pour des suivis médicaux en vue du procès. Parce qu'il reste des séquelles ci et là.
D'un point de vue psychologique aussi. J'lui ai dit que j'étais en permanence "sur le qui-vive", "à regarder par d'ssus mon épaule", "à faire parfois des insomnies mais sans
cauchemarder", et que "j'avais repris rendez-vous avec la psychiatre vue aux Urgences." Ce qui est vrai. Autant avoir recours à toutes les armes pour combattre le "monstre".
Du coup, fallait bien un bon rhum-aux-fruits-frais pour entamer la soirée, après. Parce qu'il m'a plombé ce con. Et puis la fille-à-Patator venait me voir, hier soir. Alors apéro-philantrope !
J'ai donc claqué d'la thune dans un ananas, une mangue et des oranges de Valence. Et du rhum, aussi.
Puis j'ai marché. Besoin. Et j'ai pris des photos bien dégueulasses, comme j'aime. Les plus belles de toutes !
Cette pub m'a causé. "La violence, si tu te tais, elle te tue." C'est tout à fait ça ! C'est ce que certains ne comprennent pas, ou ne veulent pas comprendre. J'en ai quasi
quotidiennement des réactions qui vont dans ce sens.
Comme j'dis souvent, la torture, la barbarie, on nous apprend pas à l'école comment la combattre. Moi, mon moyen, il est simple. Il passe par la communciation à outrance. Et plus c'est
vulgaire-voyeuriste, plus c'est efficace. Y comprendre que quand j'ai des journées difficiles, tout va mieux une fois que je l'ai écrite, cette journée. Et tout va encore mieux quand je reçois
ensuite les remarques, bien souvent gentilles, de mes lecteurs addict' !
Cette communication passe par l'écriture et l'art, essentiellement. Pour affronter le "monstre" qui est en moi, je cause, je cause, je cause. J'affronte frontalement. Je combats en convoquant
toutes les armes possibles. Et j'peux vous assurer que ça marche. Que ça permet de conserver une lucidité et une clairvoyance sur mon état. Que rien n'est gagné, et qu'il faut perséverer jour
après jour dans la ténacité et le courage. Ca oui, le courage... Il en faut !
Certains me disent Maël, ou Jack, j'sais pu, il faudrait que tu arrives à reconstruire en partant sur autre chose ! J'vous réponds à chaque fois que non, que ce serait faire comme si rien ne
s'était passé ou presque. Que d'entrer dans une forme de politique de l'autruche, c'est dévastateur. Pas forcément là, dans l'immédiat, mais cette cocotte pètera et volera en éclat un jour, si je
deviens aveugle sur mon âme.
Il en est de même avec la Justice, il va falloir combattre avec mon avocat pour que tous les faits soient retenus. Pour que tous les chefs d'accusation soient reconnus, ce qui n'est pas le cas.
Il est crucial que la Justice de ce pays reconnaisse la gravité des faits dans leur intégralité. Sinon, ça voudrait dire quoi ? Que c'est faux que j'me suis fait torturer ?! J'le saurais quand
même ! Et c'est notamment là-d'ssus qu'on va travailler d'arrache-pied avec mon teigneux d'avocat.
Il faut affronter la réalité. Et elle est violente, barbare, dure, cette réalité. C'est un fait ! Soit on choisit d'être fort et de l'affronter, soit on choisit de faire comme si, de reconstruire
tout de suite sa maison. Auquel cas elle se reconstruira sur des fondations d'argile, qui n'attendent que de péter le jour où y'aura une faiblesse quelconque.
Nous avec Jack, on en a pour minimum deux ans avec cette histoire. C'est le temps minimum pour l'aboutissement et le verdict final du procès. Nous, on est prêt. Nous, on est de sacrés teigneux !
Alors ce travail, à la fois cathartique, artistique, littéraire, hé bin il durera le temps qu'il durera. En gros, vous aurez de quoi lire pendant des mois, pour ceux que ça intéresse !
Ensuite, vous me lirez sans doute après aussi... Mais ça, j'en parle pas trop encore.
Au fait, le rhum-aux-fruits-frais était carrément bon !
La traversée de Paris en tête sur Over-blog !
Dans le cul lulu !
Amis lecteurs ! Soutenez Maël et Jack ! Plus vous reviendrez, plus vous lacherez vos com's érudits, et plus les pub's me feront gagner des sous ! Jack remplace la morphine, mais Jack n'est pas remboursé par la sécu ! Pensez à lui ! A nous ! Vive le Cac 40 !
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