
C'est un ami-journaleux-alcoolique qui m'aide
dans ma veille média en ce moment. Parce que ça m'cause et ça m'intéresse ç'qui s'passe dans le 19ème à Paris en ce moment !
"De taille comparable à des villes comme Reims ou Grenoble, le 19e arrondissement de Paris (187 000 habitants) abrite plusieurs quartiers qui présentent les mêmes caractéristiques que des
cités de la banlieue parisienne. Au nord de l'arrondissement, à la frontière avec la Seine-Saint- Denis, les cités Curial et Riquet, en particulier, cumulent les difficultés", qu'on peut
lire,
ici. Ca provient du Monde, daté du 19 septembre 2008. Source de branquignolle quoi.
D'ailleurs, le titre de cet article est assez révélateur :
"Au nord du 19e arrondissement, une banlieue intra-muros".
"Les indicateurs scolaires sont au rouge du fait d'un "taux d'échec élevé"
. Les responsables de deux collèges publics de la zone, interrogés par les sociologues, se disent préoccupés
par l'absentéisme, le "faible niveau scolaire"
des élèves, des problèmes de discipline et la présence d'"élèves sans repères".
Cette situation se traduit par un taux élevé de
jeunes sans qualifications. Lesquels éprouvent les plus grandes difficultés pour entrer sur le marché de l'emploi", qu'ils continuent même de dire, les journaleux.
"Au-delà des statistiques, les sociologues soulignent qu'une partie des jeunes, en rupture, présentent un mode de socialisation similaire à celui des quartiers populaires de banlieue.
Une "culture de rue"
bâtie sur "le défi, la réputation et le territoire"
. Ils décrivent une "atmosphère de rivalité"
permanente, où il faut observer un certain nombre
de règles pour acquérir le respect de ses camarades." Etonnant, non ?
"Cette "culture de rue"
se transmet via les groupes de copains. Des "équipes"
ou des "bandes"
qui rassemblent généralement une dizaine de personnes. "La
logique de l'honneur s'apparente à une sorte de "code" qui structure les actions des jeunes"
, précise l'étude. "Il existe une règle tacite selon laquelle il ne faut se soumettre à
personne, ce qui doit se traduire par une capacité à toujours relever les défis lancés par les adversaires potentiels ou être prêts à se "jeter dans la bagarre" lorsque c'est nécessaire."
Les
auteurs relèvent que ce "besoin de rivaliser avec autrui"
s'exprime "aussi bien avec le quartier adverse que dans son propre quartier"
: "Au collège, il n'est pas rare
d'assister à des rixes entre deux jeunes appartenant au même quartier."
Huit mois avant les incidents récents, les sociologues pointaient une évolution : "Il ne s'agit plus de défier l'autre mais de l'écraser."
D'où le recours à des armes et des rixes
complètement déséquilibrées entre des groupes et des individus isolés. Ils s'alarmaient de l'apparition d'une génération "non encadrée"
, échappant au contrôle des "grands frères"
et des institutions. Cette frange de jeunes, gros consommateurs d'alcool et de cannabis, resterait très marginale mais vivrait "dans l'absence de toute norme sociale."
Ils ont oublié d'être cons, ces deux journaleux Luc Bronner et Yves Bordenave du Monde.
Ils ont publié également une enquête le même jour, toujours dans le Monde, portant le doux nom de
"Le 19e : radiographie d'un arrondissement parisien en proie à des tensions
multiples".
"Le Bronx au nord de Paris ? Depuis le début de l'été, les violences se succèdent dans le 19e arrondissement de Paris, donnant l'image d'un territoire en proie à une guerre des gangs, sur
fond de conflits entre communautés religieuses et ethniques." Diantre, ça démarre fort ! C'est drôle, nous aussi on dit que c'est le Bronx, dans notre arrondissement. C'est cool d'avoir la
confirmation du Monde !
"Radiographie d'un arrondissement que les statistiques désignent comme le plus criminogène de Paris", qu'ils concluent dans leur premier paragraphe. Ouais ouais ouais. J'm'accroche, ça a
l'air d'être du bon çui-là aussi.
"Depuis des décennies, une forte rivalité, dont l'origine reste inconnue, oppose une partie des jeunes de Curial et de Riquet. Des bandes se battent régulièrement pour défendre leur
territoire. [...]
Les raisons de ces violences restent souvent mystérieuses. "Histoires de filles, querelles sur fond de trafic ? C'est toujours difficile à établir"
, explique
le commissaire Jérôme Foucaud qui dirige la police dans l'arrondissement. Les enquêteurs se heurtent au silence des intéressés ou de leurs proches. "On est dans l'omerta. Personne ne parle
alors que tout le monde sait ce qui s'est passé. Mais les jeunes font le choix de la justice privée : ils veulent régler leurs comptes eux même"
, explique un proche de l'enquête."
Tiens, c'est amusant ça. Parce que la police du 19ème a tout de suite été dessaisie de mon affaire, puisque c'est la 2ème DPJ de Paris qui a repris le relais le jour même de mon agression. Sympa
comme anecdote, hin ! Quelque part, ça montre bien que ç'qui m'est arrivé est bien grave...
"A l'autre extrémité de l'arrondissement, autour de la rue Petit et du parc des Buttes-Chaumont, les bagarres entre des groupes de jeunes de confession juive d'un côté, noirs et d'origine
maghrebine de l'autre, s'inscrivent dans une tout autre problématique. Dans cet arrondissement, qui regroupe la plus grande communauté juive de Paris, avec 29 synagogues et 9 écoles
confessionnelle, des représentants d'associations, ainsi que des habitants, dénoncent une recrudescence des actes antisémites de toutes natures (insultes, agressions, etc.). Un sentiment que ne
partage pas Mao Péninou, maire adjoint (PS) chargé de la sécurité dans l'arrondissement, qui ne croit pas au phénomène d'agression antisémite. "Je parlerais plutôt d'une forme de repli
communautaire et de craintes réciproques"
, dit-il."
Enfin, pour finir avec le doux son d'une journaliste de RFI, y'a ce
reportage audio à écouter, fait par Laurence
Théault le 1er octobre 2008.
"Violence dans le 19e arrondissement de Paris", que ça s'appelle. Joli titre bien fouillé-pertinent-original, qu'on trouve !
"La moindre provocation peut mettre le feu aux poudres ; deux bandes rivales s'affrontent avec dans leurs mains des armes à feu", qu'on peut y entendre.
"Depuis l'agression de Rudy,
un jeune juif, en juin 2008, le XIXe arrondissement est de plus en plus livré à la violence, une forme de délinquance "classique" mais accompagnée de phénomènes nouveaux."
Ce sont ces phénomènes nouveaux, justement, qu'il serait bon d'approfondir ! Envoyez donc de vrais journalistes d'investigation dans le 19ème, même si
"c'est trop dangereux" pour la
journaliste-animatrice de France Cul !
Enfin, parce que c'est déjà bien long hin !,
cet article a oublié d'être con
aussi. Trouvé sur Rue89 et publié le 19 novembre 2008. Il lance un message d'espoir de par son titre :
"Des émeutes dans les banlieues françaises d'ici 2010 au plus tard" ! Rien que ça !
Donc risques d'émeutes dans le 19ème aussi, si j'ai bien tout compris et si j'exagère un peu.
"De la colère, des armes à feu, la crise économique, le déni des questions raciales par une idéologie anti-communautariste, tous les éléments sont réunis pour que la France connaisse des
émeutes dans les banlieues selon le blogueur Sudhir Venkatesh. En visitant les banlieues parisiennes, il trouve des échos de l’atmosphère de révolte des centres villes américains dans les
années 1960", qu'il balance cet article !
La version complète en anglais est
ici, sur le site du New York Times, qu'est pas un média de
tarlouzes non plus. Une traduction est également disponible
là, info chopée auprès d'un certain
FabiendeMénilmontant, journaleux - blogueur qui a commenté l'article en question sur Rue89.
Je vous laisse méditer là-dessus, j'en ai marre de paraphraser.
Courrier des lecteurs